
Le Barreau de Bujumbura renforce les capacités de ses avocats sur les crimes financiers complexes
Le Barreau de Bujumbura, en collaboration avec le Centre International de Formation des Avocats Francophones (CIFAF), organise, du 7 au 9 octobre 2026, une formation à l’intention de ses membres sur la thématique des « crimes financiers complexes ». Cette formation qui s’inscrit dans le cadre des relations de coopération entretenues entre le Barreau de Bujumbura et le CIFAF se tient au Kings Conference Center, à Bujumbura.
Pour Me Patrick-Didier NUKURI, Bâtonnier de l’Ordre des avocats de Bujumbura, la tenue de cet atelier témoigne de la qualité des relations nouées entre les deux institutions. « C’est dans le cadre des bonnes relations que nous avons nouées avec le CIFAF que cet atelier a pu avoir lieu », a indiqué le Bâtonnier. Il s’est réjoui de cette collaboration et a formulé le souhait de voir ces relations se consolider et se poursuivre dans la durée.
La formation continue, une priorité pour les avocats
La formation continue constitue à la fois une obligation professionnelle et une priorité pour les avocats du Barreau de Bujumbura. Dans ce contexte, Me Patrick-Didier NUKURI a invité les participants à suivre avec attention les différentes communications afin de tirer le meilleur profit des enseignements dispensés.
« Je vous invite à suivre attentivement les conférences afin que vous puissiez en tirer le maximum de profit dans votre vie professionnelle », a-t-il déclaré.
Le Bâtonnier a également encouragé les participants à saisir les opportunités susceptibles de découler de cette collaboration avec le CIFAF. « Vous serez également prioritaires pour d’éventuelles opportunités avec le CIFAF », a-t-il ajouté.
La collaboration avec le CIFAF témoigne de la volonté du Barreau de Bujumbura de développer des partenariats susceptibles d’offrir aux avocats de nouvelles possibilités de formation, d’échange d’expériences et de perfectionnement professionnel. De son côté, Me Arthur Ballé, président en exercice du CIFAF et ancien Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin, a réaffirmé l’engagement de l’institution à renforcer cette collaboration et à apporter son appui à la formation des praticiens du droit en général et des avocats en particulier.
Les crimes financiers complexes, une réalité encore peu abordée au Burundi
Intervenant sur le thème de l’évolution et des enjeux des crimes financiers complexes au Burundi, le Dr Emery NUKURI, professeur et vice-président de l’Université du Burundi, a relevé que cette catégorie d’infractions reste encore peu abordée dans le pays.
Selon lui, les crimes financiers complexes constituent un sujet qui demeure relativement peu développé dans les milieux académiques et professionnels au Burundi. Bien que cette matière soit encore insuffisamment connue, elle n’en demeure pas moins encadrée par différents textes législatifs.
Le professeur a notamment évoqué la loi n° 1/27 du 29 décembre 2017 portant révision du Code pénal, ainsi que la législation relative à la lutte contre la corruption et celle portant sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Des infractions aux mécanismes sophistiqués
Selon le Dr Emery NUKURI, les crimes financiers complexes peuvent être compris comme un ensemble d’infractions économiques de haut niveau, caractérisées par le recours à des montages institutionnels, juridiques et techniques sophistiqués. Ces mécanismes peuvent également présenter une dimension transnationale et avoir pour objectif de dissimuler, détourner ou blanchir des capitaux à grande échelle.
Cette complexité exige, de la part des professionnels du droit, une connaissance approfondie des mécanismes financiers, des techniques de dissimulation des avoirs ainsi que des instruments juridiques permettant de prévenir, de détecter et de poursuivre ces infractions.
La formation organisée par le Barreau de Bujumbura et le CIFAF apparaît ainsi comme une occasion pour les avocats de renforcer leurs connaissances dans un domaine en constante évolution et particulièrement exigeant.
Une formation certifiante
Au-delà du renforcement des connaissances et des compétences des participants, cette initiative revêt également une dimension certifiante. Elle constitue une opportunité pour les avocats de développer leurs capacités dans un domaine particulièrement complexe et stratégique, notamment en matière de prévention et de lutte contre les crimes financiers.
À travers cette initiative, le Barreau de Bujumbura réaffirme son engagement en faveur de la formation continue de ses membres et du renforcement de leurs compétences professionnelles.